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Interview d’Aymeric de Beco, Directeur des Achats au PRINTEMPS HAUSSMANN, parrain de la promotion Fashion Business 2014

  • Posted on: 12, 12, 2014
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La semaine dernière les étudiants de 3A et Postgraduate ont soutenu à l’oral leur mémoire de fin d’étude devant un jury de professionnels. Parmi ces derniers se trouvait Aymeric de Beco, Directeur des Achats au PRINTEMPS HAUSSMANN, mais aussi parrain de la promotion Fashion Business 2014.

Nous l’avons rencontré il y a peu au siège su PRINTEMPS afin qu’il nous raconte son parcours, ses goûts en matière de mode et qu’il nous donne ses conseils avisés sur les qualités indispensables à cultiver dans le métier.

Cette petite interview vous permettra de mieux connaître notre parrain que vous rencontrerez à la cérémonie de remise des diplômes qui se tiendra jeudi 11 décembre à ESMOD.

Vous aussi, vous avez été étudiant. Quelles études avez-vous faites ?

J’ai commencé par une Prépa que j’ai cubée à IPSUP avant d’intégrer, en 1984, une école de commerce, l’ESCP.

Aviez-vous déjà en tête de travailler dans la mode ?

Pas du tout. En fait, à l’époque j’étais plus attiré par la musique. Pendant mes études je jouais avec des amis dans un groupe de rock. J’étais bassiste puis batteur. A ma sortie de l’école je me voyais plutôt travailler dans une maison de disque. C’était l’époque de l’essor des radios libres et des labels indépendants et cela m’intéressait de travailler dans cette industrie.

Alors comment êtes-vous tombé dans la mode ?

Par pur hasard, par l’intermédiaire de l’association des anciens élèves de l’ESCP. Je suis tombé sur une annonce des Galeries Lafayette qui recherchaient un acheteur dans la section homme. Je suis donc entré en contact avec le chef de groupe Homme du grand magasin et j’ai tout de suite été séduit par le contenu du job. Je suis donc devenu acheteur adjoint Homme au sein du groupe où je devais préparer les campagnes d’achats dans le secteur des marques costumes. J’aimais autant manier les chiffres qu’être en relation avec les marques et leur univers. C’était pour moi une belle expérience et la passion de la mode ne m’a plus quitté.

Racontez-nous la suite de votre parcours…

Je suis resté 5 ans aux Galeries Lafayette. Après un passage comme acheteur au rayon Papeterie et Cadeaux, un secteur qui m’a permis de me diversifier, je suis revenu bien vite à la mode Homme en devenant acheteur pour le rayon « créateurs Homme » et la marque Avant-Première.

Puis, en 1992, j’ai été chassé par le Bon Marché qui me proposait de devenir Acheteur et Responsable des Ventes. J’étais vraiment attiré par cette offre, d’autant que je ne cachais pas une certaine inclination à travailler pour une marque du groupe LVMH. A cette époque, le Bon Marché était à l’aube d’un grand projet initié par son PDG, Philippe de Beauvoir, qui était de faire descendre le rayon Homme au rez-de chaussée et de créer la marque Balthazar. Ce réaménagement allait complètement changer l’organisation de l’espace de vente et les fonctions des vendeurs. J’étais très satisfait de pouvoir travailler sur le nouveau portefeuille de marques proposé par le grand magasin, tout en pouvant suivre l’évolution des ventes. Ces deux aspects m’ont beaucoup intéressé.

En 1996, grâce aux possibilités de mobilité au sein du groupe LVMH, je suis parti chez DIOR en tant que responsable des collections Homme. Je travaillais en collaboration avec le styliste de l’époque : Patrick Lavoie.  J’étai chargé du sourcing produit, rencontrais les fournisseurs de tissus, notamment en Italie, visitais les usines de confection. J’organisais aussi les plans de collection. Tout ce travail a accru ma connaissance du développement produit, une expertise qui m’a été très utile pour la suite de ma carrière.

Après 3 ans chez DIOR, je suis retourné au Bon Marché où j’ai pris la direction de la marque Balthazar. J’étais alors responsable de la politique commerciale, de la gestion et du compte de résultat de la Business Unit de la marque.

4 ans après, un cabinet de recrutement me contactait pour me proposer un poste au Printemps : celui de Directeur des marchés Homme et Enfant.  D’abord réticent à l’idée d’intégrer ce groupe, j’ai vite changé d’avis en rencontrant la directrice des achats qui m’a littéralement séduit par son dynamisme et sa vision du secteur. J’ai donc accepté le poste pour me lancer dans ce nouveau défis : définir et mettre en œuvre la stratégie d’offre pour les marchés Homme et Enfant pour l’ensemble des 17 magasins Printemps en France.

En 2007, au moment du départ de la Directrice des achats, c’est tout naturellement que je me suis vu proposé son poste. Une offre que je ne pouvais pas refuser tant l’envergure de la tâche m’intéressait.

Aujourd’hui, je manage une équipe de près de 100 personnes avec qui nous sélectionnons l’offre complète des magasins Le Printemps. Une charge que j’occupe depuis maintenant 8 ans et qui continue de ma passionner tant elle rassasie ma curiosité en me faisant découvrir de nouveaux créateurs, de nouveaux concepts, de nouveaux univers. Ce métier est très prenant mais fascinant par sa richesse en découvertes et en échanges.

Il semblerait que vous connaissiez François Mahé, le directeur pédagogique de l’ISEM, qui vous a contacté pour vous proposer de parrainer nos promotions 2014…

En effet, j’ai travaillé avec lui quand j’étais chez DIOR.

Quelles sont vos impressions sur le fait d’être parrain de ces promotions ? Qu’est-ce que cela signifie pour vous ?

Je suis vraiment ravi de parrainer des étudiants. Vous savez, dans mon équipe, je reçois beaucoup de stagiaires et d’étudiants en alternance que je forme aux métiers du merchandising. Je leur apprends la cohérence et la bonne présentation des collections. Il est important de former ces jeunes aux réalités du métier et c’est pour moi un honneur que de pouvoir les représenter lorsqu’ils arrivent sur le marché du travail.

Quelles sont selon vous les clés pour réussir dans la mode, et dans vos fonctions en particulier ?

Je pense qu’il faut avoir avant tout l’amour du produit, mais tout en gardant un équilibre entre l’émotionnel et le rationnel. Dans mon métier, il faut savoir faire des paris, affirmer ses partis pris. En effet, acheter, c’est oser sortir des sentiers battus sans avoir peur de se tromper. J’ai l’habitude de dire qu’il n’y a jamais d’erreur d’achat, tout au plus des erreurs de quantités. Après cela, il est évident qu’il faut aimer manier les chiffres. Une grande qualité qui s’impose tout naturellement quand on travaille dans les grands magasins, c’est de savoir rester sans cesse en veille sur les nouveaux produits. Pour cela, il faut vraiment consacrer du temps à la découverte, malgré la charge de travail.

UN PETIT MOT DE VOTRE UNIVERS :

–          Quel est votre accessoire de mode culte ?

Je suis plutôt fan de chaussures. Surtout les marques Church’s et Alden

 

–          Votre marque incontournable ?

Prada. Je trouve que c’est une marque à la créativité inépuisable qui sait se renouveler sans cesse tout en gardant une bonne ligne directionnelle dans ses collections.

–          La personnalité qui a influencé votre parcours ?

Il y en a deux : Daniel Linquier, l’ancien directeur des achats des galeries Lafayette qui, avec force de caractère, a su développer la culture mode aux Galeries Lafayette en imposant les marques créateurs. Et Philippe de Beauvoir, l’ancien PDG du Bon Marché, pour sa détermination, sa cohérence et son degré d’exigence.

–          Si vous pouviez skyper avec un créateur ce serait ?

Hedi Slimane, je pense. Il est arrivé chez DIOR Homme peu après mon départ. Je trouve qu’il a une vraie rigueur de travail et de la cohérence dans ses collections.

–          Quel est pour vous le comble du mauvais goût ?

Les chaussettes blanches avec un costume !

–          Et le bon goût, c’est quoi ?

De la simplicité et du naturel. Savoir porter une tenue qui sied au corps et à l’esprit.

source : http://isemparis-leblog.tumblr.com/post/104847657914/interview

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